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DÉBAT DE NEW YORK

 
 

Débat de New York + Questions/réponses en direct | Video de Crossmark | 1:02:05

Points clés du débat de New York:

  • Nous devons réévaluer nos espaces, habitudes et structures culturels pour trouver de nouveaux mythes et de nouveaux rituels.

  • Les connaissances holistiques des peuples indigènes jouent un rôle fondamental pour nous aider à réinventer notre relation avec la nature.

  • Pour avoir un quelconque espoir d'enrayer le changement climatique, une reconsidération totale de nos valeurs est nécessaire.
     

Le débat de New York (1:02:05 mins) est animé par Jessica Morgan, partenaire du Summit 2020 et directrice de la Dia Art Foundation, et présente :

02:12 – Andrea Bowers, artiste
08:26 – Carolina Caycedo, artiste
15:00 – Elvira Dyangani Ose, écrivaine, commissaire d'exposition internationale et directrice de The Showroom London.
22:56 – Discussion de groupe
46:23 – Questions-réponses en direct

 

 

Le débat de New York s'est concentré sur la manière dont nous pouvons réévaluer nos espaces et nos systèmes de culture pour trouver des modes de fonctionnement plus durables. Le processus de repenser nos valeurs devrait prendre en considération les connaissances des communautés indigènes qui peuvent nous enseigner à construire une relation respectueuse avec l'environnement.

Nous devons réévaluer nos espaces, nos habitudes et nos structures culturels afin de trouver de nouveaux rituels et de nouvelles expériences qui peuvent contribuer à la sensibilisation à l'environnement. 

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Carolina Caycedo, Capture d'image, 2021 Verbier Art Summit

Carolina Caycedo explique comment son travail artistique aborde des sujets comme la privatisation des ressources, la perte de biodiversité et la justice environnementale. Dans des œuvres telles que To Stop Being a Threat and To Become a Promise (2017), Carolina met en évidence la possibilité pour l'art de « briser le genre de sort autoritaire » que les images des entreprises et les structures oppressives jettent sur nous en tant que société. En ce sens, l'art est une forme de « résistance visuelle ». En renouant

avec le passé et en désapprenant l'oppression, nous pouvons parvenir à regarder la nature sans le regard du colonisateur. Elle nous invite également à prendre conscience du rôle que chacun d'entre nous joue au sein de sa communauté, en se demandant « Si je suis l'artiste de mon quartier, que puis-je donner à mes voisins en tant qu'artiste ? » Elvira Dyangani Ose, dont le travail de conservatrice se concentre sur les pratiques collaboratives et les œuvres d'art socialement engagées, est d'accord sur ce point. Elle parle de la « dimension humaine » que les institutions devraient rechercher. Elle mentionne par exemple l'un des projets du Showroom London, COVID MANIFESTO (2020), de l'artiste Cauleen Smith, qui a permis de faire entrer l'intimité de l'atelier de l'artiste dans le domaine public. Selon elle, les institutions devraient explorer d'autres modes de transmission du savoir et remettre en question les normes de leurs espaces en offrant une plateforme aux artistes qui travaillent en dehors du courant dominant.

 
 

Les connaissances holistiques des populations indigènes, qui prennent soin de la terre depuis des générations, jouent un rôle fondamental pour nous aider à réinventer notre relation avec la nature.

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Andrea Bowers, My Name Means Future, 2020

Le travail de l'artiste Andrea Bowers se concentre sur les « histoires sous-documentées » telles que les luttes des peuples indigènes et des activistes environnementaux. Un exemple de cette démarche est le documentaire My Name Means Future (2020) dans lequel Andrea a interviewé Tokata Iron Eyes, un membre de la tribu sioux de Standing Rock qui a participé au mouvement visant à arrêter le Dakota Access Pipeline. Selon Andrea, le rôle de l'artiste est d'aider les gens à désapprendre les histoires fausses qui leur ont été enseignées par l'éducation, afin que ces histoires puissent être racontées de manière plus précise. Andrea et Carolina sont toutes deux d'accord sur l'importance du Land Back Movement, qui lutte pour la restitution de toutes les terres publiques aux populations indigènes. Carolina souligne que les communautés indigènes ont toujours été les meilleurs

gardiens de la diversité bioculturelle. Elles représentent une sorte de savoir incarné qu'elles portent avec elles à travers la mémoire et les rituels. Les peuples indigènes allient théorie et pratique: leur façon d'agir dans la vie quotidienne reflète leur conviction que les éléments naturels sont sacrés et doivent être gérés avec le plus grand soin. Carolina nous invite à regarder en arrière pour aller de l'avant, car les réponses à nos problèmes actuels se trouvent dans le savoir ancestral des communautés indigènes.

Pour avoir un quelconque espoir d'enrayer le changement climatique, une reconsidération totale de nos valeurs est nécessaire.

Andrea pense que la réimagination de nos valeurs culturelles peut se faire grâce au travail des jeunes activistes, qui sont plus sensibles aux questions environnementales. De plus, elle pense que la première étape pour arrêter le changement climatique, est de s'impliquer localement au sein de sa communauté. L'action locale peut, à son tour, contribuer aux changements mondiaux. Se référant à l'un de ses slogans Grief and Hope, elle souligne l'importance de ne pas ignorer le chagrin environnemental que nous ressentons lorsqu'un arbre est coupé ou qu'une forêt brûle. Elvira développe ce point en suggérant que le soin devrait être la valeur fondatrice d'un nouveau mythe pour notre société. Pour que cela se produise, l'engagement des institutions culturelles, des communautés et des collaborateurs non humains est fondamental. L'art a le

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Andrea Bowers, Grief and Hope, 2020

pouvoir de créer une citoyenneté active, et de construire des communautés autour d'un sens de la conscience critique. En effet, l'artiste n'est pas au sommet d'une pyramide, mais fait partie d'une conscience collective. Se référant au travail d'Andrea et de Carolina, Elvira conclut en s'interrogeant: « La dissidence peut-elle être un acte de profonde générosité ? »

Carolina Caycedo, Yuma, or the Land of Friends, 2014

Carolina Caycedo est l'une des artistes présentées dans le cadre de la 23e Biennale de Sydney, intitulée rīvus (12 mars - 13 juin 2022), qui dépeint les rivières et les écosystèmes d'eau douce comme des créatures vivantes dotées de différents degrés d'agence politique. Cliquez ici pour en savoir plus.

 
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Ye'kwana Leadership Forum, The Shaman’s Message, 2020

Regardez le court-métrage The Shaman's Message produit par le Ye'kwana Leadership Forum qui invite l'humanité à écouter les communautés indigènes afin de survivre au changement climatique et à la destruction de la biodiversité. 

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Collective Intimacy: Un programme en direct au The Showroom London

Le Showroom London fait partie des 15 organisations artistiques publiques britanniques qui ont uni leurs forces sur une plateforme centralisée à accès ouvert appelée theVOV, lancée le 19 avril 2021. Avec 3 spectacles phares présentés chaque lundi, l'initiative combine la technologie de pointe XR avec un modèle pionnier de micro-philanthropie.

 
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Bannière du mouvement Land Back

Andrea Bowers nous encourage à en savoir plus sur le mouvement Land Back qui veut construire une souveraineté durable des indigènes sur leurs propres terres.

CURRICULUM VITAE

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Andrea Bowers

Andrea Bowers est une artiste américaine basée à Los Angeles qui travaille avec une grande variété de media, dont la video, le dessin et les installations. Andrea est diplomée de l’Institut des Arts de Californie don’t elle a obtenu un Master en 1992. Depuis 23 ans, elle explore des thématiques sociales allant des droits des femmes ou des travailleurs aux changements climatiques. A l’intersection entre art et activisme, son travail a été exposé à travers le monde, notamment au sein de musées et de galeries en Allemagne, en Grèce et à Tokyo.

Photo par Alpimages

Carolina Caycedo. Photo by Ruben Diaz..j

Carolina Caycedo

Carolina Caycedo est une artiste multidisciplinaire colombienne née à Londres, connue pour ses performances, ses vidéos, ses livres d'artiste, ses sculptures et ses installations qui traitent de questions environnementales et sociales. Elle participe à des mouvements de résistance territoriale, d'économie solidaire et de logement en tant que droit humain. Son travail contribue à la construction d'une mémoire historique environnementale, élément fondamental pour la non-répétition de la violence contre les entités humaines et non-humaines. Elle a notamment effectué des résidences au DAAD à Berlin et au Huntington Libraries, Art Museum and Botanical Gardens à San Marino, en Californie; elle a reçu des fonds de Creative Capital et du Prince Claus Fund; elle a participé aux biennales de Chicago Architecture, de Sao Paulo, d'Istanbul, de Berlin et du Whitney. Parmi les expositions personnelles récentes et à venir de Carolina figurent Care Report au Muzeum Sztuki de Łódź; Wanaawna, Rio Hondo and Other Spirits au Orange County Museum of Art; Cosmoatarrayas à l'ICA de Boston; et From the Bottom of the River au MCA de Chicago. Carolina est l'artiste en résidence Wanlass 2020 à l'Occidental College de Los Angeles, et une boursière Inaugural Borderlands 2020-2022 au Center for Imagination in the Borderlands de l'Arizona State University, et au Vera List Center for Art and Politics de la New School. Elle est membre du syndicat des locataires de Los Angeles et du mouvement social Rios Vivos Colombia.

Photo par Ruben Diaz

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Elvira Dyangani Ose

Elvira Dyangani Ose est la directrice de The Showroom à  Londres. Elle est affiliée au Département de Cultures Visuelles de la Goldsmith University et au Thought Council de la Fondazione Prada. Auparavant, elle a été curatrice principale de l’organisation Creative Time, curatrice de la huitième édition de la Biennale internationale d'art contemporain de Göteborg ainsi que curatrice au sein de departement Art International à la Tate Modern. Elle a aussi récemment rejoint le comité de consultation de la Tate Modern. Elvira a publié plusieurs œuvres, donné des conférences sur l'art moderne et contemporain et contribué à plusieurs revues d'art telles que Nka et Atlántica. Elle a obtenu un doctorat en histoire de l'art et études visuelles à l'Université Cornell, New York, un master en théorie et histoire de l'architecture de l'Universitat Politècnica de Catalunya, Barcelone et une licence en histoire de l'art de l'Universitat Autònoma de Barcelona.

Photo par Maureen M. Evans

Jessica Morgan 2020VerbierArtSummit©Alpi

Jessica Morgan

Jessica Morgan a rejoint la Dia Art Foundation en tant que directrice en janvier 2015 et elle a été successivement nommée Directrice Nathalie de Gunzburg en octobre 2017. Chez la Dia Art Foundation, Morgan est responsable de la consolidation et de la dynamisation de tous les aspects du programme multivalent de la fondation, y compris ses projets pionniers de Land art, son patronage d'oeuvres et d’installations site-specific, ainsi que la supervision des collections et la coordination de la programmation à travers les différents sites de la Dia.​ Depuis l’arrivée de Morgan, la fondation s’est élargie et a diversifié sa collection pour inclure notamment des œuvres majeures de Mary Corse, Nancy Holt, Robert Morris, Dorothea Rockburne, Kishio Suga, Anne Truitt et Lee Ufan.

Parallèlement à un programme d’expositions enrichi, Morgan a poursuivi l’engagement de la Dia en faveur de la sponsorisation d’installations site-specific, permettant la création d'importantes nouvelles œuvres par des artistes tels que Isabel Lewis, Rita McBride et Joëlle Tuerlinckx. En 2015, elle a réalisé la première commission de la Dia hors du continent américain, une œuvre de Allora & Calzadilla, intitulée Puerto Rican Light (Cueva Vientos) à Porto Rico. En 2018, Morgan a annoncé une campagne pluriannuelle de stratégie globale comprenant la modernisation, la revitalisation et la gestion costant des principaux espaces programmatiques et des sites d’artistes coordonnés par la Dia.

Photo par Alpimages

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